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“La préservation de la biodiversité
est un enjeu majeur de notre siècle”
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Les méthodes de sélection végétale : un séminaire pour faire le point

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Le Réseau Semences paysannes, la Confédération Paysanne, Nature & Progrès, le MCBD et de nombreux autres partenaires organisent les 6 et 7 décembres 2007 à Clermont Ferrand un colloque sur les méthodes de sélections des plantes (renseignements et programme sur notre site internet). Ci-dessous, deux exemples des thèmes qui y seront abordés à Clermont-Ferrand

I. Les paysans, créateurs de biodiversité agricole. Entretien avec Didier Bazile, chercheur et organisateur d'un colloque international sur le rôle des paysans dans la conservation des ressources génétiques des plantes alimentaires.

Quel est, pour les paysans, l’intérêt de la conservation de la biodiversité en agriculture via l’agrobiodiversité ?

La diversité des plantes alimentaires permet à l’homme d’adapter ses cultures aux conditions à la fois environnementales, climatiques et économiques présentes et à venir. En raison d’une augmentation de la sécheresse et de l’intensification des systèmes de culture, 25 % des variétés (…) ont d’ores et déjà disparu au Nord (…), sur les vingt-cinq dernières années. Au sud, ce sont 60 % des variétés qui ne sont plus cultivées (…). Les terres nouvellement défrichées encore disponibles sont des terres à fortes contraintes agricoles. Mais (...) rustiques, les plantes traditionnelles [peuvent y pousser car elles] sont cultivées dans les systèmes à faible niveau d’intrants. Pour permettre cette adaptation aux environnements locaux, il est donc nécessaire de préserver la diversité des plantes alimentaires (…) et de favoriser leur diffusion tout en les améliorant. Attention cependant, si l’homme est a priori vu comme destructeur de la biodiversité, dans le contexte de l’agriculture, c’est pourtant lui qui a généré la diversité des variétés en fonction de ses besoins. L’homme doit donc également être reconnu comme créateur de biodiversité.

Quelles sont, dans cet objectif de conservation, les conclusions issues des différentes sessions du colloque ?

Durant le colloque, l’image du paysan a été fortement valorisée, d’une part, à travers son rôle dans la préservation et la création de biodiversité, d’autre part, dans ses pratiques d’échanges, qui déterminent une conservation dynamique « in situ ». En effet, jusqu’à présent, les conditions locales, socio-économiques et environnementales, et les modes de fonctionnement des paysans n’étaient pas pris en compte dans les processus de développement et de sélection de nouvelles variétés. Les semences n’étaient pas adaptées à leurs contraintes : les variétés issues de la recherche ne fournissaient pas une production aussi stable dans le temps que celles des paysans. Et la diffusion des semences était déconnectée des systèmes de diffusion propres aux paysans : 90 % des semences utilisées par ces derniers proviennent d’une reproduction à la ferme de leurs variétés, et non des systèmes nationaux fournisseurs de semences issues de la recherche. Or, l’agrobiodiversité, thème central du colloque, oblige à placer le paysan, et non la plante, au premier plan, car c’est lui qui fait la plante. C’est pourquoi l’étude des règles implicites d’accès aux variétés et d’échanges de celles-ci entre les paysans est essentielle.

Lors du colloque, pour la première fois, les deux courants, fort opposés, de sélection classique et de sélection participative se sont retrouvés côte à côte. Il y a eu de fortes oppositions sur les méthodes mais le dialogue a été rendu possible et il a été constructif. L’idée selon laquelle il ne suffit pas d’adapter l’environnement à une semence miracle mais qu’il faut également adapter les variétés à l’environnement fait son chemin. Pour assurer la stabilité de leur production dans un milieu contraint, les paysans ont besoin de lots de semences d’une même variété mais présentant une large adaptation : les variétés paysannes constituent ces populations polyformes à partir d’un même lot de semences. C’est le contraire des lignées pures de la sélection classique.

Les paysans ont été fortement représentés lors du colloque. Quelle a été leur implication ?

(…) Les paysans ou représentants d’organisations ou de coopératives paysannes ont constitué plus d’un quart des participants au colloque. Il a été étonnant de voir l’intérêt manifesté par les paysans pour les communications scientifiques. Ils ont proposé de créer des coopératives sur lesquelles le système semencier national pourrait s’appuyer, à la fois pour ramener la conservation « ex situ » des variétés traditionnelles plus près du paysan et pour améliorer la diffusion des variétés améliorées. Les paysans ont pris conscience de leur rôle dans la préservation de la biodiversité mais aussi de l’intérêt que cette biodiversité pouvait avoir pour eux. La reconnaissance de leurs savoirs locaux et de leur rôle en tant qu’acteurs du système semencier en fait des partenaires incontournables pour les futures recherches sur la conservation et l’amélioration des plantes.

Ce colloque ne s’est malheureusement pas tenu à Clermont Ferrand, mais à Bamako, avec les chercheurs du CIRAD, de l’INRA, les Instituts de recherche maliens et les paysans de l’Association des Organisations Paysannes du Mali. Texte disponible en intégralité sur le site du Cirad

II. Les nouveaux bricoleurs du gène.

Extrait de « Ce qu’on ne vous dit pas sur les OGM » n°9, juin 2007, Sylvette Escazaux

Le Grist Magazine révélait le 31 Mai 2007 que des chercheurs de l’Université du Nebraska à Lincoln ont conçu une nouvelle catégorie de cultures transgéniques. « Les nouvelles plantes sont dotées d’un gène bactériel qui les rend résistantes à un herbicide appelé le Dicamba. Elles se distinguent par un mécanisme de sécurité intéressant : le gène de résistance au Dicamba vit seulement dans le chloroplaste de la plante. L’ADN du chloroplaste étant hérité seulement du côté maternel, ceci signifie que le gène GM ne peut pas se transmettre à travers le pollen mâle. C’est une sorte de verrouillage reproductif ».

Elsa Jirou livre la recette dans Le Monde du 01 juin 2007 : « Des nanoparticules pour agir au cœur des plantes ». Il y est expliqué que des chercheurs de l’Iowa (USA) sont parvenus à bombarder les cellules végétales avec des nanotubes de silicates, vecteurs pour faire entrer des substances dans les cellules : « Lors de sa fabrication, la structure de silicate a été recouverte de triéthylène glycol, pour que la cellule soit "attirée par la particule et l'avale". Grâce à cette couche, les chercheurs ont pu "coller" sur la nanoparticule de grosses molécules, comme des molécules d'ADN, qui ne rentraient pas dans les nanotubes. "C'est un outil qui nous permet de mettre des produits non seulement dans les tubes, mais aussi sur la particule, confirme le Français de l'équipe, François Torney. Nous pouvons donc apporter plusieurs produits en même temps dans une même cellule."Dans un premier temps, les chercheurs ont utilisé cette structure sur des cellules végétales privées de leurs parois. Une technique utilisée dans la recherche fondamentale, mais qui ne permet pas d'application concrète. A l'aide d'un canon à hélium comprimé, les chercheurs ont ensuite "bombardé" des cellules végétales "entières" de ces nanoparticules. "Elles étaient trop légères pour atteindre les cellules et y entrer, explique François Torney. Nous avons alors mis de petites portes en or pour fermer les extrémités de chaque tube et augmenter le poids des particules."Avec cet attirail, les chercheurs ont réussi à pénétrer les parois des cellules végétales. Les portes en or permettent aussi de contrôler la diffusion des molécules contenues dans les tubes. "Nous avons créé un système de gonds qui ne s'ouvre qu'au contact de certains produits chimiques. Il suffit alors de mettre la plante en contact avec ce produit pour que les tubes libèrent leur contenu", précise le biologiste.

Les applications possibles de ce nouvel outil sont multiples :

  1. Ces nanoparticules pourraient notamment être utilisées pour vacciner les plantes : "On peut placer un antiviral dans les tubes, mais décider que leurs portes ne s'ouvriront que lorsque la plante sera attaquée par le virus."

  2. Les nanoparticules permettent aussi aux chercheurs de créer des organismes génétiquement modifiés (OGM) : elles peuvent implanter en même temps un gène et le produit chimique qui va l'activer, et décider du moment exact où ce produit va se diffuser. (..)

  3. Un autre travail en cours à l'université de l'Iowa vise à mettre en place un système de ciblage de la nanoparticule à l'intérieur même de la cellule. Un tel procédé permettrait de déterminer l'endroit exact où devra se rendre la nanoparticule une fois entrée dans la cellule. La cellule végétale, contrairement à la cellule animale, possède plusieurs génomes. Or, seul le génome contenu dans le noyau participe à la fabrication du pollen. "Si l'expérience réussit, cela permettrait de cibler les gènes vers des génomes non nucléaires et de créer des plantes OGM dont le pollen ne serait pas transgénique." On pourra ainsi prétendre, en oubliant qu’il y a aussi des transferts horizontaux, que la contamination est impossible, aveu implicite du danger de la dissémination par les OGM actuellement cultivés qui ne possèdent pas cette caractéristique.

Ainsi se préparent les nouveaux "terminators clandestins", laissant à la semence reproduite par le paysan sa fertilité, mais lui supprimant le caractère d'intérêt issu de la transgénèse, une réinvention cent ans plus tard des hybrides qui "dégénèrent" lorsque le paysan en ressème la récolte.

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